Napolitaineries #87

Napolitaine -

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Lettre à une câlisse

    Allô la vie ! Tu pensais que j’t’avais oublié hein ? Ouin ; j’aurais bien pu, mais je n’en ai toujours pas trouvé le moyen. Mes amis les plus proches rêvent d’être commandités par la Boris Bold à deux et cinquante la pinte. Je ne sais pas pour vous, mais ça fait beaucoup de niaiseries pour pas cher. Là n’est pas la raison. Je ne suis pas un artiste non plus. À moins que réside en ses seins, l’image d’un calendrier pur. Un gros Blue Line avec des pages pour chaque mois. Je ne sais pas vraiment ce qu’il y a de spécial au centre d’impression, mais je ne me sens pas mal d’y passer du temps incongru. Le commis en chef est sourd et il travaille en tabarnak. Allô la vie ! Tu pensais que je t’avais oublié. Les terres les plus vertes flirtent avec la grenaille, et à six heures moins une, des scies se font entendre. Et c’est pour ça qu’ils vendent des boules de pétanques sur la rue Mont-Royal. Avec les chaudrons de sauces et de passoires de toutes, vous ne saurez jamais que je suis agoraphobe. Tu trouves ça rude chaton ? Sache que l’on a sûrement lâché le cégep en même temps.

    T’as pas l’air à comprendre que j’essaie de te suivre. De dormir assez pour en profiter au maximum. Je sais que c’est relatif et qu’il y en aura toujours des pires, que mon instinct me place devant le constat des lieux et que je suis seul avec. Comme si j’avais à tout comprendre maintenant, histoire de ne pas disparaître ignorant. Les restos de Centres à la Mode sont souvent les meilleurs. Et c’est pour ça que je ne possède pas plus que trois paires de culottes. Les enfants se font coiffer chez Vag et nous ne pouvons pas vraiment intervenir. Les camions de vidanges et les ramasseux de canettes vides. L’onde de choc d’un coup de départ de deux cents verges. Dire que ton bois quatre vient de l’Abitibi ! Lâche le hockey mon chum ; ça fait déjà deux trains que tu manques.

    La plupart des gens disent la cuillère. Certain illuminés le nomment en tant que crevette, pendant que les autres se font parler de la qualité de l’écriture sur le 33mag.com. À chacun son trip ; je claimerai ici le « Délicatessen ». Et là, tu ne comprendras pas. Peut-être que tes rêves sont faits d’autoroutes ? De ciné-parcs douteux et de raisons de ne rien voir. Fort possible. Comme le jambon passé date d’épiceries bien trop passées l’heure. Je ne crois pas en ton taxi, encore moins en tes shortcuts bidons. Je suis né ici et y mourrai sûrement. Ramène- moi à la maison avant que les mouettes nous chient dessus. J’ai du papier, mais je pensais l’utiliser pour jouir.

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