Leloup au Metropolis
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Vendredi dernier, Jean Leloup nous a donné un show, un vrai. Pas une vulgaire reproduction en direct de son dernier album, mais une expérience unique. Une série de chansons entièrement revampées au son d'un funk éclaté qui aura fait bouger un Metropolis bondé, malgré le prix quelque peu astronomique du billet.
Presque 50 dollars pour voir Jean Leloup, ça peut paraître cher. Mais bon, après la résurrection, la supposée catastrophe de Québec, la sortie d'un nouvel album et un passage assez remarqué au dernier Gala de l'ADISQ, la stratégie marketing du Wolf - qui ne court pas les salles de spectacles ces dernières années - était à coup sûr gagnante.
Gagnante à un point tel où le public s'est rendu au spectacle avec une seule demande en tête : Jean, surprend-nous !
Parce que c'est justement cette imprévisibilité qui alimente le battage médiatique autour de Leloup. Il détonne parmi toutes nos idoles locales un peu trop nettes qui finissent par se complaire dans leur routine après un bon nombre d'années. Leloup, lui, change de trip à chaque album et recommence à neuf, sachant qu'on le suivra partout où il va...ou presque.
Vendredi, il nous a justement amenés où il voulait. Armé de son sombrero, de sa guitare électrique et accompagné de son trio de musiciens métissé, il nous a parlé de sabres japonais et d'africaines avec des bobos sur les jambes, et joué une vingtaine de chansons. Pas nécessairement les plus connues et les plus attendues, mais celles qu'il avait envie de jouer à ce moment précis.
En bout de ligne, on a beaucoup plus entendu de Mexico (Le malheur, la touchante L'innoncence de l'âme, la très improvisée Everybody Wants to Leave,...) et de Mille excuses Milady (Morning, la délirante Lucie, la rassembleuse Laisse-moi,...) que de classiques de son répertoire - qui chaque fois ont suscité une énorme réaction du public.On pense notamment aux versions complètement refaites d'Edgar, Faire des enfants, Fourmis et Sang d'encre qui auront fait danser un public tous âges, très réceptif au groove funky et parfois reggae de Leloup.
Seul bémol au programme, la guitare acoustique manquait certaines fois à l'appel, mais on pardonnera à Jean d'avoir voulu rester dans un registre festif exclusivement électrique.
À presque 50 ans, Jean Leloup ne dérougit pas et continue de prendre la scène comme une surface de jeu. Ce jeu qu'il a bâti lui-même pièce par pièce sans qu'on ne puisse y imposer un quelconque règlement au courant des années. Bien au contraire, on a dû se soumettre à ses quatre volontés. Après tout, c'est lui le maître du jeu. Et nous, qui sommes-nous pour lui dire quoi faire ?




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