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Surf
11 décembre, 2012 - 15:03

Du monde assez crinké pour surfer l’hiver à Montréal ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la réponse est oui! Le nombre est beaucoup plus limité qu’en été, mais il y a tout de même une gang assez motivée et passionnée pour le faire. Pierre-Philippe Loiselle, entraîneur de stand up paddleboard pour la boutique KSF, a pris quelques minutes de son temps pour nous expliquer comment c’était possible de surfer dans l’eau du fleuve en pleine saison hivernale.

 

« Comme l’eau du fleuve descend jusqu’à -4 °C, ça demande un peu plus de préparation, mais ça reste somme toute assez simple. Ça prend un wetsuit plus épais qu’à l’habitude, des gants et des bottes. On doit aussi s’étendre de la vaseline dans le visage pour éviter les engelures. » Pour certains, l’épaisseur du wetsuit, qui gêne considérablement les mouvements, peut suffire à les tenir hors de l’eau, mais l’instructeur de surf voit ça uniquement comme un défi supplémentaire qui s’ajoute à la température déjà assez contraignante. « Combattre le froid en permanence fait bien sûr que les sessions sont moins longues, habituellement après deux heures tout le monde est brûlé. Par contre, un des avantages est que chaque session sur la vague est plus longue, en raison du faible nombre de personnes qui attendent pour surfer. »

 

Les deux spots connus pour le surf de rivière à Montréal, soit Habitat 67 et la vague à Guy, sont surfable en hiver, mais vous avez toutefois beaucoup plus de chance de croiser Pierre-Philippe à la vague à Guy: « La vague à Guy est vraiment excellente pour le stand up paddleboard, mais côté performance, Habitat 67 est beaucoup plus intéressante. » Le surf de rivière d’hiver s’étire habituellement jusqu’au mois de mars. La fonte des glaces, rendant alors le sport dangereux pour les riders, force ceux-ci à prendre quelques semaines de repos avant d’entamer la saison estivale.

 

Lorsqu’on lui parle de l’avenir du surf de rivière à Montréal, Pierre-Phillipe nous parle inévitablement de KSF, qui est partie intégrante de la scène, et d’un éventuel projet de vagues artificielles statiques au parc Jean Drapeau. « Aucune date n’est encore fixée, mais le projet est présentement en pourparler, et ça serait un énorme avancement pour la scène montréalaise.»

Bref, si vous pensiez vous mettre au surf de rivière prochainement, commencer en hiver n’est peut-être pas la meilleure idée, mais ça peut tout de même être assez divertissant d’aller regarder la gang de crinkés se débattre dans l’eau glaciale du fleuve en plein février.