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Félix Faucher

Catherine Beaum... -

Commentaires4

Salut Simon, j'ai déjà ridé pour le Illusion de Sherbrooke il y a 12 ou 13 ans. Sinon en tant que photographe on a droit à des paquets de shoes et de vêtements de temps en temps, lorsque l'on se fait des amis chez les distributeurs. Merci a Gman, Dave, Judah et tous les amis chez Timebomb, et a Scuba Steve chez És.

le skate est son sport préférer je suppose

Félix est tu sponcer?

Je lève ma casquette!! corps et âmes pour son sport!

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Hola conquistador!

Hola conquistador!


Par Catherine Beaumier Lacroix

Qui ne connaît pas encore Félix Faucher? Ce grand gaillard à la crinière inoubliable qui cumule les talents de photographe, vidéaste, artiste urbain et skater est maintenant en voie de devenir le porte-parole officiel du skateboard Montréal-Lima. Alors sortez votre tuque d’alpaga et venez faire un tour au pays d’Estéban-Zia!

On est jeudi soir, et je rencontre Félix au Helm, un petit bar (qui ne paie pas de mine, en passant) de la rue Bernard dans le Mile-End branché de Montréal. Félix repart lundi pour Lima, après un séjour plutôt enneigé du mois d’avril dans notre belle province… Mais tout cela ne semble pas déstabiliser notre « traveler » qui me raconte un peu son parcours (chaotique) de vie, une bonne bière de chez nous entre les mains!

Alors Félix, tu es péruvien ou québécois de cœur?

C’est très difficile de répondre à cette question. J’ai grandi à Lima jusqu’à l’âge de neuf ans, puis j’ai vécu à Magog quelques années. À 16 ans, je suis déménagé à Montréal et je peux affirmer que j’ai habité dans pas moins de 12 apparts différents en 12 ans… On peut d’ailleurs voir un projet d’une série de dessins représentants des endroits où j’ai résidé (Voir annexe photos). Je suis maintenant de retour à Lima depuis six mois. Mais je suis allé trois semaines à Buenos Aires en janvier et j’ai failli y rester! C’est réellement une ville de rêve. Même si j’ai mon pied-à-terre à Lima en ce moment, je ne sais pas du tout si je vais y demeurer longtemps. Je crois qu’au fond, je suis un nomade de cœur. J’ai de la difficulté à demeurer en place longtemps, j’aime voyager et voir du pays. Par contre, mes amis Canadiens me manquent.

C’est une chance de posséder cet esprit d’adaptation et ce goût de bouger car, en tant que photographe, le fait de voyager te permet d’exploiter un diamètre très large de perspectives.

En effet, j’ai ainsi pu rendre le « vibe » du skate à travers des environnements très différents. Ça donne une vision plus élargie du sujet. On se rend compte alors que le skate, c’est réellement un art et un mode de vie, autant que c’est un sport. La communauté du skateboard sur la planète se rejoint énormément, et les adeptes finissent tous par parler le même langage. On se comprend, ça vient tout seul et les barrières de cultures et de langues s’effacent alors d’elles-mêmes.

Parle nous un peu de ton parcours académique. Qu’est-ce que qui fait que tu réussis à exploiter autant de domaines artistiques? (outre le talent naturel évidemment)

C’est drôle, car j’ai commencé par accomplir un DEC en design de mode au Collège LaSalle. Je me souviens que je voulais créer des vêtements adaptés pour les skaters! C’était à l’époque où l’on devait acheter nos pantalons en tailles 40 pour qu’ils soient larges! Évidemment, la mode a bien évolué depuis, et moi aussi, mais il était déjà clair que je voulais joindre mon talent artistique et ma passion pour le board. Après mon Cégep, j’ai fait mon Bac en design à l’Université Concordia, en Fine Arts. J’ai ainsi pu combiner une solide formation en graphisme, multi-média, design industriel, photographie et filmographie.

Tu restes tout de même très autodidacte, et tes œuvres sortent de l’ordinaire! (Regard gêné de Félix)

Peut-être, je crois que si tu trippes vraiment sur ton sujet, alors le reste va couler naturellement. Pour moi, le skate est une passion, j’ai commencé à skater à 11 ans et je suis content aujourd’hui de pouvoir rendre hommage à ceux qui évoluent dans ce milieu.

Tu as réalisé quelques œuvres très originales. Je pense notamment à ton fameux « skate dolly », peux-tu nous en parler un peu plus?

Le « skate dolly » est un projet que j’ai réalisé pour faciliter le travail des caméramans au cinéma et à la télévision. Il faut dire qu’à l’époque, ma sœur exécutait un stage dans ce domaine, et j’ai conçu cette pièce afin d’améliorer le déplacement lors des prises de vue faites à la handy cam (caméra portable). Le problème résidait dans le fait que la technologie permettait de capturer des images de qualité professionnelle, par exemple avec la TRV 900 de Sony, qui possède 3CCD, mais cette caméra, qui tient dans la main, n’offrait aucune stabilité ou tenue de main solides nécessaires aux prises de vues. Ce que j’ai tenté de faire, c’est simplement d’ajouter du poids, des prises pour les mains, ainsi que des roues pour les déplacements sur surface lisse. Le tout en utilisant uniquement des pièces de skateboards recyclés, qui se seraient retrouvés à la poubelle autrement!

Tu as fait une expo à Lima qui s’est déroulée du 7 février au 7 mars dernier, où tu présentais ta vision de l’univers du skateboard. Peux-tu nous en parler un peu?

Cette expo est une démarche personnelle que j’ai organisée sur les deux étages de la Galerie d’Art Municipale de Miraflores à Lima. J’ai été appuyé par l’Ambassade Canadienne qui m’a aidé à concrétiser ce projet sur lequel je travaillais depuis le mois d’août 2006. L’expo se voulait vraiment un regroupement des œuvres que j’ai accomplies et qui sont reliées au domaine du skate. On y retrouvait beaucoup de photographies provenant de différentes villes telles que Lima, Montréal, New-York, Los Angeles, Sao Paulo, Barcelone et Vancouver. C’est ma façon à moi de faire un lien entre mes deux cultures d’origine. C’était aussi l’occasion de donner la chance à des skaters montréalais de talent d’avoir de l’ « exposure » outre-mer.

Dans le cadre de cette expo, tu as mis sur pied une conférence. De quoi s’agissait-il exactement?

C’était une conférence qui combinait plusieurs aspects du skateboard. J’y approfondissais l’idée de culture générale qui englobe le domaine, et j’élaborais sur la pratique et les aspects techniques du skate et de la photographie.

Cette conférence était-elle destiné au grand public où plus particulièrement aux gens qui évoluent dans le milieu du skate?

La conférence visait tout le monde! C’était ça le but : capter l’intérêt du public et lui montrer que le skate est une culture globale et un mode de vie! Beaucoup de gens étaient présents, dont plusieurs journalistes qui n’évoluent pas du tout dans le milieu. Si j’ai réussi à leur apporter une vision différente de ce qu’est le monde du skateboard, alors j’en suis bien heureux!

Prépares-tu quelque chose pour bientôt?

Une nouvelle conférence se profile à l’horizon, à Lima. Cette fois, à l’université San Ignacio de Loyola pour des étudiants en communication et en photographie. C’est une conférence qui se veut plus axée sur les aspects techniques de mon travail de photographe. La photo de skateboard emprunte des éléments à trois disciplines. D’abord la photographie commerciale (ou de mode) par l’utilisation que l’on fait des flashes multiples et du degré de détail obtenu en utilisant des appareils de moyens formats. Ensuite, c’est également de la photo journalistique, en quelque sorte. Lorsque l’on couvre une tournée, ou que l’on parcourt des villes, le facteur urbain offre toujours cette variable sur laquelle on n’a pas de contrôle. Finalement, la photo de skate est aussi de la photo à caractère sportif, il faut donc connaître la science de l’immobilisation du mouvement.

Et quand est-ce qu’on te revoit la crinière?

Le 19 mai je prends un vol Lima – Montréal. Le temps de souper avec la familia, et le lendemain, je quitte pour Calgary, où je rejoindrai le team pro de Circa pour une tournée de 10 jours. On s’arrête à Edmonton, Winnipeg, Toronto et Halifax. Après cela, je vais demeurer dans la région de Montréal pour l’été, où je contribuerai à des publications Canadiennes, Européennes et Sud Américaines. Un grand changement pour moi cette année est qu’après trois ans en tant que photographe senior pour SBC de Toronto, je passe du côté de la revue Color de Vancouver. Leur vision artistique du skateboard, en tant que culture, rejoint tout à fait mon idéologie. Au Québec, j’ai une bonne relation avec Le Crux et j’espère pouvoir publier dans Exposé, ainsi que dans d’autres médias à caractère artistique, en dehors du monde du skateboard. L’automne prochain, je participe de nouveau à l’expo collective La Paria au Cégep du Vieux-Montréal. Au-delà de ça, une expo solo à Montréal est également dans mes plans...

Et bien, muchas gracias mon cher Félix! Reviens-nous voir avec ton grand Condor!
Hasta la próxima!


Gracias a ti y que tengan una hermosa primavera en Montreal!

[Voir la Demo Reel de Félix Faucher]

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