La Saint-Jean

Jack -

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La Saint-Jean Baptiste. Probablement une autre bonne raison de ne pas s'acheter un condo au premier étage dans la vieille capitale.

 Cette année, j’étais pratiquement à jeun, ce qui m’a permis de rire. Rire direz-vous ? Ceux qui me connaissent savent très bien à quel point j’aime écouter aux portes, lire des histoires embarrassantes, bref, faire semblant de jouer au psy. Quoi demander de plus qu’une quantité phénoménale de gens qui arrivent d’un peu partout, et qui ont presque rien en commun avec les gens  autour, à part le niveau d’alcool dans leur sang et leur envie de rep’ le Québec en augmentant ce taux le plus vite possible.

1ère histoire : «J’ai laissé ma job à Calgary, esti j’ai été transféré juste pour toi PIS T’AS COUCHÉ AVEC LUI» ? Malheureusement, j’ai pas pu voir le «lui».  La seule réponse que j’ai entendu bégayer était : « mais tu comprends pas, mais tu comprends pas » avec des tentatives de rapprochement de lèvres. J'étais encore pressé au début de la soirée, j'ai pas pris le temps de ralentir mon pas pour suivre le déroulement du scénario. Avec du recul, j'le regrette.

2e histoire : Quelque part entre les plaines (où je suis monté pour aller rejoindre un ami saoul qui savait à peine où il était, donc que je n’ai jamais rejoint) et le parc des canons, je me suis rappelé l’animateur de radio qui racontait plus tôt dans la journée que plusieurs des golfeurs du tournoi SKINS mondial étaient hébergés au château Frontenac. J’imagine mal Sergio Garcia ou Mike Weir essayer de comprendre ce qui se passe, voyant une si grande étendue de corps ivres et influencés par toutes sortes de drogues. Si grande étendue ? Oui, si grande. Les corps ivres prennent plus de place que des corps à jeun, et pour une foule de 250 000 personnes, faut être à jeun pour le comprendre. Mais je suis plus que convaincu que les golfeurs comprenaient pas.

3e histoire : Le gars qui voulait faire une émeute. «ON DÉCRISSE TOUTE» ! J’pense ça duré plus ou moins 15 sec son émeute. Ils étaient cinq. Ils ont renversés une poubelle. Une poubelle qui était rivetée au sol, quand même. J’me suis demandé ce qui arriverait si vraiment un ivrogne devenait assez charismatique pour réellement convaincre les gens de partir une émeute. Puis j’ai rapidement compris que la masse de corps ivres est beaucoup trop ivre pour fonctionner de façon organisée, structurée. Émeute impossible. Tout de même, cet émeutier m'a vaguement rappellé un fier québécois rencontré dans l'autobus le matin au lendemain de la Saint-Jean sur le retour vers le camping. «Come on tout l'monde, on oublie pas, c'est la St-Jean, on a l'droit d'toute décrisser». Avec la voie rauque, classique.

4e histoire : Les policiers fantômes. Probablement pour éviter de se faire vandaliser des voitures ou pour circuler de façon plus discrète sans «briser le party», j’ai remarqué beaucoup d’agents de sécurité et de policiers qui circulaient en véhicule de location, qui ressemblaient étrangement à des vans de violeurs. Bonne nouvelle : ce qui sort de cette mini fourgonnette va réellement te violer si tu es l’objet de leur sortie. Tout s’est passé tellement vite, j’ai peine à vous raconter. Exactement au moment où 3-4 ivrognes s’engageait dans une bataille (presque digne de celle de Wolfe & Montcalm) avec 4-5 autres pour une histoire impliquant un vol de drapeau (inadmissible), je me dit que la présence policière laisse légèrement à désirer… quand bang ! Cinq policiers casqués sortent avec leurs matraques. Un viol à la santé, sans arrestation. C’est l’équipe Wolfe (les voleurs) qui a gagné, ils ont même pu garder le drapeau je crois.

Puis, à quelques mètres de l’endroit où j’allais rejoindre mes amis, je l’ai rencontrée. Une déesse directement descendue du ciel pour la Saint-Jean Baptiste. Une beauté qui m’a adressé le plus beau sourire. C’est son sourire qui m’a fait rentrer chez moi.

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