Napolitaineries #93

Napolitaine -

Commentaires2

Bin là... y'a pas de 54062 près de l'échangeur. Pas de chance que Pruneau y soit allé.

Tellement. No comments.

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Sur la rue Des toits qui frisent

           Sur la rue Des toits qui frisent, il y a vraiment de drôles de maisons. Il y a d'abord la mienne, celle dans l'arrière-cour du 54062 qui porte un A après les mêmes chiffres. Pour y accéder il faut, soit traverser un espèce de tunnel mince assez épeurant merci, ou bien posséder les clés et entrer dans la cour par la porte taillée dans la clôture. Cela voudrait dire que l'on est venu par le large stationnement à bosses et que l'on s'est tapé aboiement de chiens, cris d'enfants abandonnés et répliques dégueulasses de prés pubères en manque de sensations nouvelles. Au fait, t'as déjà vu un appartement construit dans un ancien hangar de tôle ? Je crois que c'est encore plus beau la nuit.

            J'ai compris ici que les ratons laveurs, les marmottes et les moufettes hibernent et\ou ne fouillent pas dans des vidanges frettes. Je ne sais toujours pas pourquoi la concentration de ces bestioles y est si intense, mais elle reste un fait nocturne trop observable à mon goût. Cette rue en est une hivernale et c'est pour ça qu'elle est toujours déblayée en premier. Il n'y a presque personne qui y marche, mais il y a tout de même juste assez de gravier sur les trottoirs pour empêcher les vieux de se casser neuf mois d'attente de hanche. Il y a aussi de très grands arbres et une petite rue entre deux plus grosses. En d'autre lieux, on dirait une ruelle, au pire une ruelle avec un nom, mais ici c'est une petite rue sur un sol mou. Parce je pense que ça doit être ça au fond. Un sol mou. Et c'est à qui le chat emmerdeur qui vient mourir par le cul dans mes plates-bandes ? L'odeur de la sortie de sécheuse ? Le tombeau de Hank ? Ma poubelle est encore neuve et vous serez maintenant avertis. Si je le pogne, je le tue.

            Sans se perdre ni se rallonger, il y a un dépanneur de chaque côté. Le centre sportif, l'Échangeur en ruine et une gare de triage presque fantôme. Le centre de rénovation, plein de lofts d'artistes en manque de muse et le festival des vieilles écluses inopérantes. Non je ne fais plus de jogging et le pire, c'est que ça n'aura duré que trois jours. La terrasse encore hype et l'agrandissement du café en face de la caisse populaire. Les bus et leurs destinations diverses et le sacrement du service de nuit. Six virgule deux kilomètres de marche à l'échelle de Richter. Tu ferais mieux de pas faire de chichis avec tes grandes bottes parce que la grosse femme d'à côté tire de la carabine à plomb sur des cans de tomates.

            Sur la rue Des toits qui frisent, il n'y a jamais de chapeaux melons, les surprises sont pour la plupart du temps de mauvaises nouvelles, mais les escaliers en tire-bouchons savent encore faire monter chez eux les gros porcs prêt à fourrer de force. Les gens sortent quand le feu prend et rentre quand le souper est prêt. Il y a du baloné rôti, des œufs brouillés et des cernes de verres de RC-Cola sur le bol de toilette. S'il y a du papier, c'est que le rêve américain existe encore de la même façon que l'État québécois engraisse les bourrelets de la débandade. Pruneau et Canelle, en supposant qu'ils en possédaient, n'y ont jamais mis les pieds, pas plus que Cœur de pirate, le Capitaine Crochet ou Thierry St-Cyr.

            Arrête. Prends une photo avec ta tête. Demain, je mettrai du temps dans mon cell.

 

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